L’endométriose peut-elle se trouver en dehors de l’utérus ?

L’endométriose est un problème de santé qui apparaît lorsqu’un tissu semblable à l’endomètre, la couche interne de l’utérus, commence à se développer en dehors de la cavité utérine, par exemple…

01.11.2022 4 min
L’endométriose peut-elle se trouver en dehors de l’utérus ?
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L’endométriose est un problème de santé qui apparaît lorsqu’un tissu semblable à l’endomètre, la couche interne de l’utérus, commence à se développer en dehors de la cavité utérine, par exemple sur les ovaires et les trompes.

L’endométriose, qui peut toucher les femmes de tout âge, survient lorsque du tissu semblable à l’endomètre se développe dans les ovaires, dans l’intestin ou dans les tissus qui tapissent le pelvis. Elle apparaît lorsque le tissu endométrial s’étend au-delà du pelvis. Le tissu endométrial qui se développe hors de l’utérus est appelé implant endométrial. Comme le tissu endométriosique est influencé par les hormones du cycle, il croît de façon cyclique et provoque des saignements.

De ce fait, il peut également provoquer des réactions tissulaires, des adhérences, des inflammations et des kystes dans la zone où il se trouve. À long terme, il peut conduire à la formation de nodules douloureux et à l’accolement des organes. En raison des lésions qu’elle provoque dans les tissus, l’endométriose est aussi considérée comme l’une des principales causes d’infertilité.

Quelles zones hors du pelvis peut-elle toucher dans l’abdomen ?

Il n’existe presque aucun organe qu’elle ne puisse toucher : le gros intestin, l’intestin grêle (en particulier la région iléo-cæcale, raison pour laquelle cette zone est très importante chez les patientes atteintes d’endométriose), la rate, le foie, le diaphragme, les reins et l’uretère. Il faut cependant souligner que l’atteinte de ces organes est très rare. Bien que ce soit une bonne chose, c’est aussi pour cette raison que le diagnostic est souvent manqué. Pour un diagnostic correct et précoce, il faut penser à l’atteinte endométriosique.

Les causes de l’endométriose

La cause exacte de l’endométriose n’est pas encore connue, mais la menstruation rétrograde est considérée comme l’une des causes possibles. Avec le saignement menstruel mensuel, le tissu endométrial qui tapisse l’intérieur de l’utérus est éliminé de l’organisme.

Lorsque ce saignement, qui se produit normalement par le vagin, se fait à rebours, le tissu endométrial passe par les trompes dans la cavité abdominale, se fixe sur les organes qui s’y trouvent et provoque l’endométriose. La prédisposition génétique est également considérée comme l’une des causes. La transformation de tissus normaux en endométriose sous l’effet d’hormones ou de facteurs immunitaires, ainsi que le transport du tissu endométrial vers d’autres parties du corps par les vaisseaux sanguins ou lymphatiques, peuvent aussi être en cause.

Les causes de l’endométriose

L’image ci-dessus montre un schéma de la menstruation rétrograde, l’une des théories importantes sur la formation de l’endométriose.

Les symptômes de l’endométriose

Le symptôme le plus fréquent de l’endométriose est une douleur chronique, généralement pendant les règles et lors des rapports sexuels. Plus tard apparaît une douleur abdominale continue, indépendante des règles. Une douleur intense est également ressentie lors de l’examen gynécologique. Dans les cas où l’endométriose touche l’intestin, on peut observer une occlusion et des douleurs à la défécation. Lorsque la vessie est atteinte, des brûlures et du sang dans les urines peuvent apparaître. Les lésions que l’endométriose provoque sur les organes reproducteurs sont considérées comme l’une des principales causes d’infertilité. Chez certaines patientes, toutefois, l’endométriose peut ne donner aucun symptôme.

Dans l’endométriose, les adhérences et les durcissements provoqués par le tissu endométrial fixé sur les trompes ou autour d’elles peuvent réduire leur mobilité et entraîner une infertilité. L’opinion dominante est que le tissu endométriosique implanté dans les ovaires et provoquant des adhérences peut également perturber la maturation de l’ovocyte.

Autrefois, la cœlioscopie était chez la plupart des patientes la principale méthode de diagnostic et de traitement de l’endométriose ; aujourd’hui, grâce aux méthodes d’imagerie avancées et au travail interdisciplinaire des centres d’endométriose actifs dans ce domaine, le diagnostic peut être posé sans opération chez la plupart des patientes. La maîtrise du sujet est essentielle.

Par exemple, si un spécialiste de l’endométriose suspecte une endométriose diaphragmatique, il demande au radiologue une IRM du diaphragme avec produit de contraste et coupes spécifiques (couvrant notamment les plans où l’endométriose atteint fréquemment le diaphragme). Avec une imagerie standard, le diagnostic de ces patientes est malheureusement souvent manqué. Il en va de même pour l’endométriose de l’intestin, du rein et de l’uretère.

Pr Taner Usta
Directeur du Centre d’excellence multidisciplinaire de l’endométriose,
Hôpital Acıbadem Altunizade.

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